Le jeu vidéo, un outil pédagogique ?

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Le jeu vidéo, un outil pédagogique ?
Par Carolane Verreault-Côté, conseillère pédagogique

Selon un article paru dans la Revue des sciences de l’éducation, « le jeu motive l’apprenant, structure et consolide les connaissances, favorise la résolution de problèmes et influence le changement des comportements et des attitudes des jeunes. »[1] Il constitue, entre autres, une motivation puissante en contexte d’apprentissage. Cette motivation est nourrie par le sentiment d’engagement, le plaisir et la compétition qui stimulent l’apprentissage chez l’étudiant. Leurs recherches prouvent que « les jeux ont un impact positif sur la manière dont les apprenants construisent des schémas, ce qui leur permet de mieux résoudre un problème, de visualiser un concept, d’établir des liens, etc. Ainsi, le jeu permet aux apprenants d’assimiler une nouvelle matière et de nouveaux concepts de façon plus intuitive »[2].

Conscients que le jeu vidéo offre des avantages dans la motivation et l’apprentissage des étudiants, de plus en plus de concepteurs se sont lancés dans des collaborations avec les représentants des commissions scolaires, des collèges et des universités. Plusieurs jeux dits « sérieux » ont ainsi été créés dans lesquels le joueur progresse lorsqu’il utilise à bon escient les connaissances du domaine, objet de l’apprentissage visé. »[3]

Le Cégep de Saint-Jérôme entre en jeu…
Parlant de jeu « sérieux », le Cégep de Saint-Jérôme propose, dans le cadre de l’attestation d’études collégiales en Technologie des véhicules électriques, l’utilisation du programme interactif de simulation Electude. Celui-ci permet aux étudiants de se former, de façon ludique, tout en leur permettant de continuer à travailler à temps plein.

Electude contient une multitude de modules qui amène, par exemple, l’étudiant à sélectionner et à assembler correctement les composants d’un système de propulsion électrique fonctionnel. L’enseignant peut suivre, en ligne, le cheminement et la progression des étudiants. Des simulations virtuelles aident ces derniers à réaliser une simulation réelle. Electude mise sur l’interactivité à partir d’une image tridimensionnelle permettant des mises en situation de diagnostic et l’acquisition et l’approfondissement des connaissances théoriques.

L’apprentissage de l’histoire par le jeu
Outre les plateformes scolaires, plusieurs jeux vidéo recèlent des informations pouvant servir comme outils d’apprentissage. Ainsi, l’une des applications fort intéressantes qu’offrent les jeux vidéo est la représentation très précise des différentes ères historiques, de leurs monuments et de leurs personnages. Ainsi, des jeux tels Tomb Raider, God Of War ou Assassin’s Creed se sont démarqués pour la dimension ludique jumelée aux dimensions archéologique, mythologique ou historique qu’ils peuvent comporter.

Plus spécifiquement, les différents opus de la série de jeux vidéo Assassin’s Creed, créés par la firme montréalaise Ubisoft, « explorent une variété de contextes historiques. Parmi ceux-ci, notons : la Troisième Croisade, la Renaissance italienne, l’Ère coloniale, la Révolution française et l’Ère victorienne. »[4]  Les faits historiques, présentés dans ce jeu, détaillés telles des répliques quasi-réelles, permettent de croire que son utilisation, dans un cours d’histoire par exemple, serait tout à fait appropriée en guise de complément d’apprentissage.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, modélisée dans le jeu Assassin’s Creed Unity Photo : Ubisoft

En plus de servir d’outil pédagogique, ces jeux peuvent avoir un rôle sociétal insoupçonné de par la justesse de leurs représentations. À cet effet, de nombreux médias dans le monde ont souligné que le travail effectué par Ubisoft Montréal, dans son jeu vidéo Assassin’s Creed pourrait être fort utile. Plus spécifiquement, la précision et les détails apportés à la réplique de la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris, tant dans son environnement extérieur qu’intérieur, serviront le travail des architectes qui devront remettre la Cathédrale à neuf suite à l’incendie majeur qui l’a ravagée en avril 2019[5]. Les médias ont rapporté que cette réplique a nécessité deux années de travail et qu’elle est considérée comme l’une des plus détaillées du genre au monde.

Des outils d’apprentissage ludiques accessibles !
L’enseignant qui est prêt à innover dans son cours peut utiliser un jeu déjà existant, par exemple en incluant des notions historiques du jeu Assassin’s Creed à son cours. Une autre option serait d’inclure des quizz de révision tels que ceux proposés par le site Kahoot.it (Kahoot.create pour les enseignants) ou encore les jeux de révision de la langue française que propose le site de l’Office québécois de la langue française (OQLF)[6]. Ajoutons que l’équipe des éditions La Chenelière ont mis sur pied quelques simulations ludiques très efficaces, la plus récente étant la « simulation ENTREPRISE – Les cellulaires ». Celle-ci demande aux étudiants de prendre des décisions en considérant tous les aspects d’une entreprise :  la gestion des ressources humaines, des ressources financières, du marketing, etc.

Et le rôle de l’enseignant dans tout ça?
La preuve n’est donc plus à faire : les jeux sous toutes leurs formes peuvent contribuer largement au processus d’apprentissage, de l’enfance à l’âge adulte. Nous jouons avec nos tout-petits pour leur apprendre à parler, à s’habiller seul ou à compter, et ce processus continue de la maternelle à l’université. Toutefois une constante demeure : un meneur de jeu qui donne les consignes, qui guide les étudiants et qui consolide leurs apprentissages est absolument nécessaire. Si un enseignant intègre un jeu vidéo d’action dans son cours, ou encore un jeu « sérieux », l’apprentissage ne sera bien réussi que grâce aux stratégies qu’il choisira d’utiliser pour que ce jeu permette l’atteinte des objectifs visés.

À VOS MARQUES, PRÊTS, JOUEZ !!!

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Compléments d’information

Le festival Montréal joue qui a lieu de la mi-février à la mi-mars de chaque année depuis sa première édition, en 2012, attire en moyenne 60 000 personnes chaque année. Ce festival fait la promotion de l’univers ludique que peuvent apporter les jeux, « parce que le jeu et le plaisir de jouer sont essentiels à notre développement ».[7] Il nous rappelle que le jeu fait partie de la nature humaine et permet aux participants de découvrir toutes sortes de jeux : jeux de société, jeux vidéo, jeux de rôle etc. Pour son édition 2019, ce festival, qui gagne en popularité, avait pour thème « l’éducation ».

Si vous désirez en savoir davantage sur l’intégration des jeux dans l’enseignement au collégial, nous vous invitons à cliquer ICI afin de lire un article rédigé par Chantal Desrosiers, technopédagogue au Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur (MEES).

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[1] Sauvé, L., Renaud, L. et Gauvin, M. (2007). « Une analyse des écrits sur les impacts du jeu sur l’apprentissage ». Revue des sciences de l’éducation, numéro 33, page 90.

[2] Idem. Page 98.

[3] Idem. Page 51.

[4] Joly-Lavoie, A. (2017). « Assassin’s Creed : synthèse des écrits et implications pour l’enseignement de l’histoire ». McGill Journal of Education/Revue des sciences de l’éducation de McGill, numéro 52. Page 456

[5] Article « Assassin’s Creed Unity offert gratuitement pour visiter Notre-Dame-de-Paris », Radio-Canada, 17 avril 2019. Visité le 5 juillet 2019.

[6] Jeux linguistiques – Office québécois de la langue française

[7] Issu de la page web du festival Montréal joue, consultée le 3 juillet 2019.