Partir à l’aventure c’est…

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Partir à l’aventure c’est…
par Catherine Ricard, conseillère pédagogique

Une idée qui a germé alors que nous étions en voyage en France avec nos deux enfants qui avaient alors 5 et 8 ans. Nous constations que l’on faisait une belle équipe pour voyager et que ce serait bien de partir un peu plus longtemps. Nous nous sommes mutuellement encouragés à cotiser pour un congé différé d’une demi-année. Nous sommes tellement chanceux de pouvoir le faire; pourquoi ne pas en profiter!

Mine de rien, le temps a passé et le congé est arrivé sans trop que l’on n’y pense. Notre choix de destination s’est arrêté sur le Pérou. Pourquoi? En premier lieu, nous voulions que les enfants apprennent l’espagnol. Mais la diversité des paysages et des climats, la possibilité d’allier nature et culture, la qualité de la nourriture et le faible coût de la vie ont également fait pencher la balance vers ce pays qui me rappelait Les mystérieuses cités d’or de mon enfance, mes dessins animés préférés.

Nous avons rempli nos quatre sacs à dos, 43 kilos en tout, et sommes partis pour une aventure de quatre mois…
Nous avons rassuré les enfants : nous serions de retour pour Noël!

À l’exception de la réservation de l’auberge à Lima à notre arrivée et de la location d’un appartement à Cusco, où nous voulions suivre des cours d’espagnol, rien n’était planifié. Pour une fois que nous avions du temps, autant en profiter pour laisser place à l’improvisation et à l’imprévu.  Une fois sur place, il s’agissait de lire notre guide de voyage, d’écouter les récits des autres voyageurs et les conseils des Péruviens et la suite du voyage coulait de source.

Surfer sur le sable
Nous sommes partis vers le Sud en suivant la côte : longer le Pacifique en autobus et visiter des endroits improbables où les mototaxis sont maîtres, pour le plus grand plaisir des enfants. Nous avons fait du surf sur les dunes de sable et mangé des pâtisseries sur les trottoirs ou assis aux différentes Plaza de Armas des villes où l’on peut regarder s’animer la société péruvienne. Nous nous sommes arrêtés à Arequipa quelques jours et visité le Couvent Santa Catalina, un endroit beau et étrange; une ville dans une ville.

Arequipa, surnommée la Cité blanche, a été la première ville péruvienne visitée après Lima, là où nous avons pris goût aux visites des marchés publics. Les enfants étaient à la fois impressionnés et perplexes. Rien à voir avec nos supermarchés aseptisés où les aliments sont suremballés.  Pour des raisons logistiques et financières, nous avons souvent cuisiné nos repas ou mangé directement au marché. Ceci nous a permis de multiplier les contacts et de nous plonger dans ce lieu hautement important dans le quotidien des péruviens.

Du célèbre Machu Picchu, à la forêt amazonienne, à la cordillère Blanche…
Nous nous sommes ensuite installés dans la ville de Cusco, à partir de laquelle nous avons rayonné dans la Vallée Sacrée incluant une visite au célèbre Machu Picchu. Ce fut ensuite la jungle, dans un lodge des plus rudimentaires, une sorte de camps de vacances, où nous avons exploré la forêt dense de l’Amazonie et ressenti sa chaleur accablante. Par la suite, nous nous sommes rendus dans la cordillère Blanche où nous avons randonné dans l’immensité des montagnes, complètement émerveillés par l’endurance et la détermination de nos enfants. Plus aguerris, nous avons visité les hauts plateaux du Nord : coup de cœur pour cette incroyable région où les touristes se font plus rares mais où les vestiges du peuple des Chachapoyas, beaucoup moins connu que les Incas, sont fascinants. Nous avons terminé le voyage sur les plages du Nord question de se reposer, de rattraper l’école en voyage et de revenir un peu bronzés. Que du bonheur!  Le Pérou c’est vraiment plusieurs pays en un, sa géographie lui confère une diversité incroyable de paysages.

Pour découvrir ce magnifique pays, nous avons trimballé nos sacs, dormi dans de nombreuses auberges de jeunesse, pris des autobus de nuit qui zigzaguaient dans les montagnes et de multiples « collectivos » bondés (petites fourgonnettes opérées de façon privée et qui constituent le principal moyen de transport des péruviens). Nous avons vécu mille et un petits moments magiques.

Voyager avec nos enfants de 11 et 8 ans s’est avéré facile. Certes, nous avons éprouvé leur capacité d’adaptation et ils se sont parfois ennuyés de leurs amis, mais l’expérience du voyage et le temps passé ensemble demeurent très précieux. Les Péruviens adorent les enfants et ils étaient très chaleureux avec eux. Ils se faisaient souvent tapoter et embrasser les joues par les vieilles femmes péruviennes admirant leurs yeux bleus. Tous ces petits moments resteront dans notre histoire familiale.

Que ce soit avant, pendant ou après le départ, on nous a souvent posé des questions sur l’école en voyage. Hum… C’est probablement la partie la plus difficile de cette aventure. En effet, faire de la place à une routine scolaire dans l’intensité d’un voyage n’était pas chose aisée. Nous profitions des moments plus stables dans notre itinéraire pour faire du français et des mathématiques. L’histoire, la science et la culture étaient des aspects importants du voyage que nous vivions à plein au fil des visites de musées, des ruines et, plus généralement, le spectacle d’une société différente de la nôtre.

D’ailleurs, ce matin, sachant que j’écrirais cet article, j’ai demandé aux enfants, ce qu’ils retenaient de leur voyage. Tous les deux m’ont expliqué qu’ils comprenaient que notre mode de vie n’est pas la norme ailleurs; qu’il y a d’autres façons de vivre et d’être heureux. Ma fille Paule me disait qu’elle se trouvait privilégiée et Jules réalisait l’importance de redistribuer la richesse dans une société. Mon Dieu que mes petits voyageurs sont sages 😊. Le voyage forme la jeunesse parait-il!

« Et toi Cat, qu’en as-tu retiré? » me demande Marie-France, ma collègue et amie. Hum! Que j’ai aimé la liberté, les échanges, les incertitudes et, moi aussi, je pense que ce voyage m’a rendu un peu plus sage!